Le filtre mental

Le filtre mental est la tendance que nous avons tous à faire passer nos expériences à travers une grille de lecture préexistante afin de mieux les intégrer à notre référentiel.

C’est un réflexe naturel qui répond à notre besoin de cohérence logique. Cela permet d’interpréter et de classer les expériences pour savoir comment les aborder à l’avenir si elles se présentent à nouveau. À force de classement apparaissent des théories que l’on espère universellement valides et là peut apparaître de plus en plus distinctement l’effet du filtre mental.

Car d’un évènement jugé par exemple désagréable, nous pouvons chercher à ce qu’il ne reproduise pas. Cependant, il nous arrive de justifier le caractère désagréable de l’expérience par une analyse complètement erronée, fondée sur d’anciennes expériences que nous pensons similaires alors que cela peut ne pas être le cas.

Ces schémas préétablis vont nous amener à adopter des attitudes et à faire des choix que nous pensons être les meilleurs pour nous alors qu’en réalité ils n’empêcheront pas l’expérience désagréable de se reproduire.

Ici je prends l’exemple d’un désagrément car c’est ce qui nous touche le plus, du fait de notre instinct de survie. Mais cela est valable pour n’importe quel type d’expérience.

Ainsi, il arrive souvent, avec le temps et notamment avec notre avancée en âge, que nous ayons cristallisé des schémas mentaux nous empêchons littéralement de voir la réalité telle qu’elle est.

On pense bien sûr aux personnes psychotiques que l’on rencontre souvent dans des institutions psychiatriques mais le fait est que tout le monde ou presque adopte ce comportement. Il est d’ailleurs à notre époque extrêmement répandu.

L’effet pervers derrière cela est la possibilité d’observer sa déformation du réel. Plus nous le déformons, plus le contraste est saisissant et devrait donc éveiller notre bon sens. Cependant, plus le biais d’observation est répandu parmi les humains, moins nous allons être à même de nous en apercevoir, du fait de la confirmation grégaire permanente de nos convictions et théories (sans parler de la peur de l’ostracisme).

Lorsque l’on parle d’extralucidité, le phénomène est tout aussi présent.

Il arrive que des clairvoyants ne voient pas la même chose, que notre intuition ait des ratés, que notre clairaudience nous amène à entendre des choses qui n’ont pas été dites de cette manière, etc.

Le filtre mental joue son rôle.

Mais puisqu’il arrive qu’il soit franchement encombrant, voyons comment équilibrer son action sur notre observation du réel.

Deux prémices sont cependant à poser avant d’aller plus loin :

  • la réalité que nous expérimentons individuellement n’est pas le seul produit de notre esprit individuel (l’observateur et l’objet observé sont donc distincts, peu importe que l’un puisse influencer l’autre) ;
  • nous ne pouvons observer de réalité que si nous sommes prêts à la voir.

En d’autres termes, si une personne n’a pas l’ouverture psychique nécessaire (rien de négatif là-dedans, seulement des modalités de survie), elle n’aura aucune possibilité d’observer une réalité qui nécessite justement cette ouverture.

Par exemple, si mon esprit n’a pas le moindre espace en lui pour concevoir les oiseaux, je ne les verrai pas, je ne les entendrai pas.

À notre époque, tout le monde perçoit les oiseaux, mais imaginons maintenant qu’une personne dans la norme soit entourée d’une dizaine de clairvoyants et d’un elfe. Elle sera la seule à ne pas voir ce dernier (ce qui, pour le coup, la fera sortir de la norme dans ce cas précis).

Les personnes s’intéressant à l’Islande ont toute eu vent de la capacité particulièrement développée des Islandais natifs à percevoir et voir des esprits de la Nature d’une dimension légèrement différente de la nôtre (à une époque, dans les années 2000, on estimait qu’un quart d’entre eux avait la capacité de les percevoir).

Comment expliquer cette particularité ? L’éducation.

Si nous baignons dans une éducation qui refuse plus qu’ignore certaines réalités, la possibilité de les percevoir sera difficile, et plus le refus est grand, plus la difficulté le sera aussi. Et cela sera d’autant plus compliqué si cette éducation provient carrément d’une modification de paradigme spirituel à grande échelle (ères).

Bien entendu, à chacun de faire la part des choses entre les certitudes qu’il estime juste de lâcher et celles qu’il préfère garder en l’état (certaines personnes se font violence pour percevoir d’autres dimensions et les résultats ne sont pas vraiment harmonieux).

À ce propos, en ce qui me concerne, lorsqu’à mes vingt ans j’ai décidé de ne plus considérer la plupart de mes certitudes comme des vérités absolues mais plutôt comme des informations vis-à-vis desquelles j’adoptai une position relativement neutre, mes perceptions se sont nettement développées.

On pourrait dire qu’en m’autorisant à avoir tort, je me suis permis d’avoir raison. Pertinente leçon.

Avoir raison c’est considérer les choses de la manière la plus fiable qui soit, et cela se traduit par des considérations (en général succinctes d’ailleurs) qui se veulent intemporelles.

Bien entendu, la raison parfaite et absolue n’existe pas, mais entre l’inatteignable vérité et l’obscurcissement le plus complet existe tout un gradient de perceptions et d’analyses possibles permettant de trier de proche en proche le vrai du faux.

Ainsi, si vous qui lisez ces lignes souhaitez sincèrement mieux connaître notre monde et êtes notamment intéressés par les êtres dont je parle dans ce journal, je vous invite à lâcher certaines de vos certitudes (à votre rythme bien entendu) afin d’ouvrir en vous la porte à des phénomènes nouveaux, mais qui n’en sont pas moins réels.

Et pour conclure, je n’inviterais jamais assez tout un chacun à mettre ses idées à l’épreuve du réel, des faits, des expériences. Si cela n’est pas la panacée, puisque la façon dont nous vivons les phénomènes est influencée par notre référentiel, cela permet au moins, petit à petit, de réactualiser nos connaissances.

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