Rêve : le premier lever de Soleil

Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis réveillé un matin avec le cœur et l’âme transportés de beauté, de bonté et de lumière, parfois aussi avec une pointe de nostalgie.

Et je ne me lasserai jamais de raconter les rêves qui m’ont amené à ressentir cet état si divinement délicieux.

Celui auquel je pense pour cet article, je l’ai vécu il y a quatre ans de cela.

À l’époque, j”étais en couple avec une femme, d’origine maya, qui m’évoquait sans doute inconsciemment une forme de nature féminine ancienne. J’éprouvais envers elle un sentiment très net de désir, de responsabilité et de volonté. Une forme d’amour pleine de courage. J’aurais pu, sans hésitation, m’engager avec elle à la fondation d’un foyer. J’étais prêt et déterminé.

Lors d’un rêve, je me trouvai en songe dans un désert que je devinais gris-ocre, plongé dans l’obscurité.

Ce n’était pas la nuit, c’était tout simplement un temps avant la lumière.

Je me souviens que je percevais tout de même certaines choses : le désert, les quelques buissons épars non loin, une hutte où je me trouvais moi-même ainsi que ma compagne.

J’avais alors invité cette dernière à sortir au-dehors en la prenant par la main. Elle se tint devant moi, et je l’enveloppai de mes bras tendres et protecteurs.

Elle était enceinte. Son ventre était parfaitement rond et nu, de la même couleur cuivrée que la peau de mon ex-compagne. L’accouchement était probablement proche.

Le couple que nous formions revêtait un caractère infiniment sacré. Cette femme était sacrée pour moi, j’étais sacré pour elle et le monde était sacré pour nous. Et nous ressentions à chaque instant un incommensurable sentiment de respect et de bienveillance pour ce qui était.

Je lui désignai l’horizon tandis que commençait à y poindre une lueur discrète.

Tout était silencieux autour de nous. À l’exception de cette femme que j’aimais et de moi-même, on eut dit que la Nature n’existait pas encore, qu’il n’y avait pas de vie ici-bas. Et nous étions pour ainsi dire, les seuls êtres vivants.

Soudain, la timide lueur se mua en premier rayon couleur or et bientôt en explosion de lumière.

Nous n’étions pas aveuglés, non, nous étions charmés et heureux.

Sans un mot, car nous n’en avions pas besoin, j’expliquai alors à mon amour que nous venions d’assister au premier lever de Soleil sur la Terre.

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