Tarots, oracles et tirages

S’il est une activité à la fois ludique et pleine de sens et de ressources, c’est bien celle des tirages.

Nous sommes nombreux à les apprécier dans notre domaine car ils permettent à la fois d’avoir des messages plutôt précis et introduisent en même temps dans notre pratique un élément que nous ne pouvons contrôler : le contenu même des tirages.

Je suis pour ma part assez friand de cette activité, même si je ne la pratique que rarement (je suis depuis quelques années relativement aligné sur mon chemin donc j’ai peu de doutes au quotidien).

Il fut également un temps où je tirais les cartes pour d’autres personnes.

Bien sûr, dans la littérature et notre culture, certains jeux seront préférés : le tarot de Marseille, les runes, les baguettes, le Yi King, certains oracles (anges, guides), des tarots chamaniques, le tarot d’Osho, etc.

Mais il est possible d’utiliser n’importe quoi pour peu que nous puissions y attribuer un minimum de sens.

Nous pouvons par exemple écrire des notions sur des bouts de papier, les retourner et choisir instinctivement ceux qui nous appellent.

Nous pouvons aussi demander à la Nature, à la Vie, de nous apporter des signes à des moments précis. Par exemple, nous pouvons nous réveiller un matin et demander, en toute sincérité, que la journée qui va se passer nous apporte un éclairage pour résoudre tel ou tel problème, répondre à telle ou telle question.

Bien sûr, notre propre regard sur nous-mêmes a un impact sur notre lecture des signes, et comme je le disais dans un article précédent, si le signe nous montre quelque chose que nous ne sommes pas prêts à voir, nous n’allons pas le voir (et de manière plus générale, il n’y aura pas de signe).

Il arrive parfois de commettre des erreurs et de manquer des signes. Les exemples les plus évidents sont les signaux d’alarme que nous peinons souvent à détecter à notre époque sceptique.

Nous souhaitons nous rendre à tel endroit pour une balade, nous oublions d’abord un objet, nous ratons une route, nous trempons nos chaussures dès le départ, etc. Il est fort probable que cette balade ne soit pas la plus indiquée à ce moment précis.

Plus sérieux, il peut arriver que les signaux soient importants : maladie, accident de voiture, blessure. S’ils correspondent à une série de malchances en lien avec une activité, une décision ou une personne précise, il y a sans doute quelque chose à comprendre.

Le meilleur moyen de limiter les erreurs d’observation des signes, et a fortiori les tirages de cartes peu utiles ou mal interprétés, est de prendre son temps et d’ouvrir son cœur.

Se détendre, se concentrer, se relier et ce, dans la plus grande authenticité possible est le meilleur moyen d’avoir une réponse appropriée à la situation qui nous préoccupe.

Lorsque nous pratiquons de manière négligée, nous obtenons des réponses négligeables.

Beaucoup de personnes sont perplexes face à cette pratique divinatoire (aussi appelée cartomancie lorsque l’on emploie des cartes), et cela peut se comprendre car l’humain est tout à fait capable de s’imaginer de fausses réalités pour mieux calmer ses inquiétudes.

Jusqu’où cette idée est-elle vraie ?

Pour répondre à cette question, je ne peux résister au plaisir de vous partager une anecdote. Encore une fois, au-delà des dires, voyons dans la pratique ce qu’il se passe.

J’étais à cette époque dans une relation amoureuse très lumineuse et très épanouissante. J’étais heureux en amour.

À l’occasion d’un après-midi tirage de cartes improvisé au sein d’un groupe de personnes en recherche de sens et de bonheur, je me saisis d’un petit paquet de cartes sur lesquelles sont écrits des messages simples accompagnés de dessins.

Une approche mentalement très simple donc, loin des interprétations plus obscures des runes par exemples.

Je me souviens que le paquet comportait quatre-vingt-douze cartes, et vous allez comprendre plus loin pourquoi je me souviens de ce nombre.

Je tire une carte, le cœur léger en cette période de ma vie pleine de douceur. J’ai en tête ma relation actuelle : y a-t-il une information à ce sujet qu’il serait bon que je reçoive ?

La carte sort : la séparation.

Je suis d’abord contrarié : “Non, elle ne me plaît pas cette carte, ma relation me convient parfaitement, pourquoi devrait-elle cesser ?”

Je rebats les cartes et en tire une nouvelle : la séparation.

Je râle intérieurement tout en faisant mine de ne pas considérer les deux premiers tirages. Je tire une troisième carte : la séparation. Une quatrième : la séparation. Une cinquième !

La séparation.

J’ai tiré cinq fois de suite cette satanée carte alors que j’aurais souhaité de tout mon cœur ne pas le faire.

J’étais complètement sonné. D’autant que, d’une éducation scientifique, je savais à peu près quelle était la probabilité de tirer cinq fois la même carte dans un paquet de quatre-vingt-douze en mélangeant à chaque fois le paquet.

Je pris une calculette afin d’en avoir une vision plus nette :

92 x 92 x 92 x 92 x 92 = 6 590 815 232

Il y avait une chance sur plus de six milliards que je tire cinq fois d’affilée cette fameuse carte.

Quelques mois après, malgré tous mes efforts les plus sincères et les plus aimants, ma relation se délita.

La carte avait eu raison de moi.

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